Je crois que ce qui me fascine dans certaines personnes, c’est qu’elles peuvent prendre une place importante dans notre vie sans forcément le savoir.
J’ai rencontré Sam sur un vélo.
J’avais commencé le spinning pour une raison qui, à l’époque, n’avait presque rien à voir avec moi : le garçon que je voyais faisait beaucoup de vélo et, quelque part, j’avais envie de comprendre un peu mieux son monde. Je ne savais pas encore que le spinning n’avait absolument rien à voir avec le cyclisme. Mais bon.
Puis quelque chose d’assez drôle s’est produit. Le spinning a progressivement cessé d’avoir quoi que ce soit à voir avec lui.
C’est devenu mon truc.
Je me souviens de mon premier cours avec Sam, un dimanche soir je crois, à Sèvres. J’avais embarqué Benedetta et Ludovico avec moi. Depuis, il y a eu énormément de musique, beaucoup de Lady Gaga, quelques menaces concernant des minutes supplémentaires d’exercices de bras, et surtout cette sensation très particulière d’être à la fois poussée et en sécurité.
Et puis il y a une phrase.
J’ai le souvenir d’avoir entendu Sam dire, vers la fin d’un effort : « ça va s’arrêter ». Je ne suis même pas certaine qu’elle la dise souvent, peut-être même que je ne l’ai entendue qu’une seule fois. Mais elle est restée avec moi bien au-delà du studio.
Alors j’avais envie de savoir qui est la personne derrière le micro.
Je retrouve Sam dans un café près de Concorde pendant ma pause déjeuner. Je suis stressée, c’est l’une de mes dernières semaines au travail, je ne veux pas rentrer en retard après ma pause, mais en même temps cette interview compte énormément pour moi. La première chose que je remarque, c’est son livre. Elle lit The Creative Act: A Way of Being.
Sam: Il est dingue, meuf. Je l’ai commencé hier. Je passais une journée de merde, mais genre atroce. Je me suis dit : qu’est-ce qui te ferait plaisir ? J’avais déjà sauvegardé l’idée du livre, tu sais quoi ? Va dans une librairie, achète-toi le livre, pose-toi en terrasse.
Lire sans contrainte
Yasmina: Tu lis beaucoup en général ? Tu arrives à trouver le temps ? Moi, je n’y arrive pas. Il y a trop de trucs. Le sport. Ça (Palomita). Le travail. Le chien. Je suis toujours trop curieuse de demander aux personnes que j’interviewe : comment tu trouves le temps ?
Sam: Je lis énormément. J’essaie de ne pas trop m’imposer un rituel du genre « je dois lire tant de pages par jour ». Je pense que lire, comme tous les plaisirs, ne doit pas devenir une contrainte. Mais si je suis chez moi et que je dois choisir entre passer une heure sur mon téléphone et lire, je vais choisir de lire. C’est se dire : OK, je sais que là je pourrais partir dans un scroll infini jusqu’à deux heures du matin, mais non, je n’ai pas envie de ça.
Yasmina: Carrément. Parfois, je me retrouve sur Insta à regarder des grands-mères expliquer comment laver leur vaisselle. C’est mignon, mais je ne sais pas si j’en ai vraiment besoin.
Sam: C’est tellement du brainrot ! On est trop emportés dans le truc. Il n’y a pas longtemps, j’ai regardé un reportage sur YouTube qui parlait de l’impact du scrolling sur le cerveau : pépette, c’est chaud ! Il y a tellement d’auteurs que je veux lire, en plus, et je me dirige encore un peu à tâtons vers ce que j’ai envie de lire. Je me laisse inspirer aussi. Parfois, tu entends parler d’un livre, tu demandes à des copains. J’ai une copine qui travaille dans une maison d’édition et qui lit énormément pour son travail, énormément de livres, et souvent, selon ce dont j’ai envie, elle m’oriente vers quelque chose. Mais j’essaie de lire au maximum tous les jours, même si ce n’est que dix pages.
Yasmina: C’est cool de se donner un objectif.
Sam: Oui ! Mais il ne faut pas que ça devienne une contrainte. Il ne faut pas se dire : je dois finir ce livre en cinq jours. Mais si tu veux, tu peux !
Yasmina: Un peu comme les challenges.
Sam: Comme les challenges, meuf.
Welcome to the jungle
Yasmina: Moi, le spinning, c’est né parce que je voulais un peu rentrer dans la tête d’un mec qui faisait du vélo, genre gravel. Et je me suis dit : mais qu’est-ce que je peux faire de similaire à Paris ? Et je suis tombée sur le spinning. Après, ça n’avait plus rien à voir avec ça, mais je suis devenue accro. Quand je rentre dans cette salle, je sais que je vais me sentir tellement bien après. Récemment, je suis venue un peu moins, moins fréquemment, mais l’effet est toujours le même. Toi, comment ça s’est passé, ta rencontre avec le spinning ?
Sam: Quatre mots : Welcome to the Jungle. Je cherchais un travail étudiant, j’étais sur ce site et j’ai vu qu’il y avait un poste de staff d’accueil chez Dynamo. Je ne connaissais pas du tout la marque, pas du tout le concept du spinning. Je savais que ça existait, mais je n’avais jamais vraiment été confrontée au truc. J’ai commencé comme staff d’accueil dans les studios. C’était moi qui accueillais les gens, qui donnais les chaussures, qui plaçais les nouveaux. La première fois que j’ai vu ce truc, ma première réaction a été de me dire : mais c’est quoi cette secte ? Les gens me faisaient presque peur, je ne comprenais pas le sens de cette activité. Après un an et demi, un des coachs, qui s’appelait Vinz, qui n’est plus chez Dynamo maintenant…
Yasmina: Je pense que j’ai fait des cours Riise avec lui ! Je lui avais envoyé un message parce que j’avais adoré sa playlist ! Et c’est tellement important.
Sam: Oui, il avait de super musiques. La musique faisait tout. Avec Vinz, on discutait beaucoup et un jour il me dit : « Meuf, tu ne voudrais pas faire les auditions pour devenir coach ? » Je le regarde et je lui dis : « Vinz, c’est gentil, mais je ne suis pas du tout coach. » Il me dit : « Tu t’en fous, ils cherchent des personnalités. Tu as une super personnalité, tu t’entraînes et tu y vas. » Au début, je n’étais pas très convaincue, mais l’idée a commencé à émerger et je me suis dit : tiens, c’est quand même cool, cette idée de fédérer quelque chose, de créer des playlists et d’embarquer les gens. De créer un voyage. J’y ai réfléchi et, quelques mois plus tard, je rentrais de soirée, j’étais un peu pétée, et je me suis imaginée sur le vélo avec une musique, en train de donner un cours. J’ai imaginé l’énergie et c’est comme ça que j’ai pu la ressentir. Je me suis dit : meuf, là, il y a un truc.
Yasmina: Magnifique.
Sam: J’ai passé la première audition, qui consiste à enregistrer une vidéo de toi en train de donner un cours. Je l’ai faite avec plein de bonne volonté et beaucoup d’envie, mais sans avoir trop d’attentes. Après tout ce que je me disais c’était : je ne suis pas coach de sport ! Et je l’ai passée. J’ai passé la deuxième, puis je suis entrée en formation.
En formation, tu es confrontée au cycling onze heures par semaine, tu fais quasiment que ça de ta semaine, et là, c’est le dur du dur. Tu te demandes : est-ce que je fais ça pour la fame d’être sur un podium ? Ou est-ce que ça me plaît vraiment ? Et j’ai commencé à développer un amour pour Dynamo, pour le cycling, pour le sport, pour le rôle de coach. C’est comme ça que je me suis lancée. Après sept ou huit mois de formation, j’ai donné mon premier cours et je n’ai plus décroché. J’adore.
Yasmina: Tu as dit qu’il y avait une musique et que tu t’imaginais sur le vélo. C’était quoi ?
Sam: Elle s’appelle Rise, je ne sais plus de qui. Je rentrais chez moi et je me suis imaginée sur ce podium, en train de faire émerger cette énergie. Je me suis dit : oui, je pense que ça me plaît, et il y a une partie de moi qui a envie d’y aller.
Yasmina: Parfois, ça m’arrive quand j’écoute Lady Gaga. Je crois que tu avais mis Garden of Eden, et je suis sur le vélo et je me dis : vas-y, je reprends les positions du spinning, les coudes à quatre, etc.
Sam: Quand tu commences Dynamo, ça te suit à l’extérieur ! Il y a un truc tellement instinctif. Et ça veut dire que c’est une discipline qui te plaît. Quand j’ai commencé à faire les auditions, je me rendais compte que, quand j’écoutais une musique dans mes écouteurs, je m’imaginais dans le rythme en train de donner un cours. Je me suis dit : attends, meuf, tu as l’opportunité de faire une audition, vas-y, fonce, tu n’as rien à perdre de toute façon.
Créer un voyage
Yasmina: Je suis fascinée par le fait de découvrir quelle musique tu vas sortir à chaque fois. J’adorais les matins électro, je trouve que ça se connectait hyper bien avec mon cerveau à 7 h 45, et j’aime trop le mix que tu as mis l’autre fois. Des musiques sans paroles, Flume… Quand est-ce que tu fais tes playlists dans la semaine ? Sans me dévoiler tes secrets !
Sam: Il n’y a pas de secrets, mon cœur. Je pense que la majorité du temps, c’est en début de semaine. Je commence la semaine avec le lundi à 20 h 30, c’est un créneau que j’adore. Il est génial, c’est là où je connais le plus de gens et où je me sens le plus à l’aise. Pour la musique, ça vient souvent du fait que j’entends des morceaux dans mes écouteurs. Je passe la majorité de mon temps avec des écouteurs dans les oreilles et, parfois, il y a une sensation qui arrive où je me dis : OK, je pense que je vais construire toute ma playlist autour de ce morceau-là. La construction va dépendre de ce que j’ai envie de transmettre. Parfois, je me dis : je vais transmettre quelque chose de solaire, on danse, on fait les fous, on chante. D’autres fois, je me dis : non, on va être vraiment deep dans l’immersion, et le choix des musiques dépend de ça. Si je veux de l’immersion, je choisis de l’électro sans paroles. Mais ça dépend énormément. Une playlist du matin n’est pas comme une playlist du soir. Le matin, c’est un moment très délicat pour le corps, il faut que ça monte progressivement. Mais à 20 h 30, tu as toute ta journée derrière toi, il faut démarrer fort !
Yasmina: Ton premier cours du matin, c’est quand dans la semaine ?
Sam: Le mercredi !
Yasmina: Comment tu arrives à comprendre qu’une playlist a marché ?
Sam: C’est surtout une question de cohérence entre les morceaux. Parfois, je me dis : ah oui, ça marche, il n’y a pas ce truc de « wow, pourquoi ? » quand j’écoute. Les transitions, c’est ce qui fonctionne le mieux. Quand on finit un rythme intense, je choisis de redescendre tout en gardant l’énergie. C’est là que j’aime bien mettre un Flume, par exemple. Et lundi, ça tombait pile au bon moment.
Yasmina: C’est stressant de gérer la playlist pendant le cours ?
Sam: Quand j’ai commencé, énormément. Pendant mes premières séances, je me prenais trop la tête, évidemment. Quand tu arrives, tu te dis que tu veux vraiment que les gens passent un bon moment, mais en même temps tu es remplie de doutes. Je pense que c’est quand tu commences à te dire : OK, mon objectif n’est plus de plaire, mais d’être authentique dans ce que je propose, que quelque chose commence à fonctionner, dans le choix des musiques comme dans les mots que tu emploies. Au début, je mettais des musiques que je pensais que les gens voulaient entendre. Beaucoup de pop. J’aime la pop, mais j’aime aussi explorer ce pôle électro. Depuis que je le fais, je suis beaucoup plus heureuse. C’est aussi pour ça que je déteste les specials du genre « 100 % telle chose », parce que ça me confine trop dans les choix musicaux que je peux faire. Les sensations sont beaucoup plus belles et plus fortes quand tu passes d’un style à l’autre. C’est un voyage !
Yasmina: J’adore quand tu prends tes moments pour danser. Ça me remplit d’énergie parce que je vois que toi aussi, tu es là pour t’amuser.
Sam: Je ne vais pas vous demander de kiffer et de mettre du fun dans vos séances si moi je suis là et que je ne le fais pas. Tout se transmet, c’est une question d’énergie. Mais je danse parce que j’ai envie de le faire, pas pour hyper les gens. Je le fais parce que j’ai envie de rentrer dans quelque chose de plus corporel, de plus présent.
Divas vs DJs
Yasmina: Et ton concept de Diva vs DJ ?
Sam: Très bonne question. Je pense qu’au départ, il y avait déjà le truc marketing de dire : j’aime la pop et j’aime l’électro. Pour les deux premiers Diva vs DJ, c’est moi qui choisissais. Puis, au bout d’un moment, je me suis dit que ça pouvait être intéressant de créer des votes, de demander aux gens de choisir. Et là, je crée une nouvelle expérience, je travaille les transitions, je mélange des univers. J’aime trop, c’est fou. J’avais adoré Lady Gaga vs Daft Punk.
Yasmina: Pourquoi les divas ?
Sam: Parce que j’écoute majoritairement des femmes dans mes écouteurs. Je ne sais pas pourquoi, mais je suis beaucoup plus touchée par les voix féminines que masculines. Ça me touche beaucoup plus. Peut-être qu’il y a quelque chose de l’ordre de l’identification. Les voix de mecs peuvent très vite me saouler. Je pense que je n’ai pas vraiment de chanteur masculin préféré. J’aime beaucoup Prince. Mais oui, j’ai des frissons avec les voix de femmes. DJ, parce que je trouve qu’il y a encore une majorité d’hommes DJ en 2026, même si c’est bien de voir de plus en plus de femmes arriver. Mais oui, encore une fois, ça me permet de ramener la pop et l’électro, qui sont vraiment mes deux mondes.
Yasmina: Top divas ? Ton top trois ?
Sam: Lady Gaga en première, évidemment. Deuxième, je dirais… J’ai grandi avec Céline Dion. J’ai trouvé mes places pour le 23 septembre ! Une copine qui m’a demandé : « Meuf, tu fais quoi le 23 septembre ? » J’ai dit : « Je sais pas, pourquoi ? » Et elle m’a proposé d’aller au concert ! J’étais trop trop contente !
Yasmina: À sept ans, je faisais des vidéos sur l’iPad de ma mère en train de chanter Céline Dion.
Sam: J’ai l’impression qu’on est beaucoup à avoir grandi avec Céline Dion. Moi, elle m’accompagne depuis toujours. Ce n’est pas celle que j’écoute le plus sur mon téléphone aujourd’hui, mais cette meuf a conquis le monde. La troisième, c’est probablement une nouvelle diva, ou une diva qui réémerge : Agnes.
Elle chantait Release Me à l’époque. Elle a disparu pendant cinq ans et elle est revenue avec un nouveau flow, de nouvelles musiques, et ça me fait péter un câble ! C’est la musique que j’ai mise en tout premier lundi.
Yasmina: Et c’est important, la toute première musique.
Sam: Oui, c’est la plus importante. Je mets une musique d’attente avant d’entrer dans le studio, puis je baisse la musique d’attente, je lance la playlist et j’y vais.
Yasmina: La plus grande fierté quand tu commences à faire Dynamo…
Sam: C’est quoi ?
Yasmina: Quand tu commences à clipser et déclipser toute seule !
Sam: Ah oui !
Yasmina: Et tu sais, quand tu t’étires à la fin, tu es censée te déclipser et te reclipser, non ?
Sam: Il n’y a pas de règles. Tu écoutes ton corps quand tu t’étires, sans trop réfléchir.
La personne sur le podium
Entre-temps, on commande notre deuxième tournée de cafés.
Yasmina: On peut parler de ton rôle de coach ? Je me demande si tu as des doutes. Quand je te vois, tu es trop cool, tu es forte, tu as l’air hyper sûre de toi. Avoir des doutes, c’est humain. Je me demande : c’est quoi, tes doutes en tant que coach ?
Sam: Je pense qu’être coach, c’est en partie douter tout le temps. Mais il faut trouver la bonne mesure. Le doute qui va te galvaniser, qui va te pousser à toujours proposer quelque chose qui te plaît. Parfois, je suis dans le studio et je me dis : putain, qu’est-ce que je raconte là ? Ou pendant le cours, je dis quelque chose et je me demande si les gens vont penser que c’est bizarre.
Yasmina: Et il y a aussi une forme de responsabilité quand tu es sur ce podium, non ? Les gens t’écoutent, ils te font confiance.
Sam: Tu peux vraiment brainwasher les gens avec ce métier, donc il faut faire attention. C’est un peu le syndrome de la blouse blanche : quand quelqu’un se présente comme coach, comme médecin, il y a une sorte de réflexe qui se crée, genre « elle a raison, elle sait ». Moi, j’essaie justement de pousser les gens à déconstruire ça. Si tu trouves quelque chose de thérapeutique dans mes cours, tant mieux, j’en suis trop heureuse, mais mon but n’est pas d’être ta thérapeute.
Fais - le avec le doute
Yasmina: Je le vois dans mes entretiens. J’adore mon projet, mais j’ai des doutes aussi. Je me demande : et si personne ne le lit ?
Sam: Il faut s’en foutre du résultat. Les abonnés, Instagram… c’est tellement ingrat par rapport à ça. Les gens qui ont le plus d’abonnés ne sont pas forcément ceux qui proposent les choses les plus qualitatives. Il faut prendre de la distance par rapport aux abonnés et à ces choses-là.
On ne crée pas pour un résultat. Créer, c’est un besoin de partage, de donner du sens, pas simplement d’être apprécié pour ce qu’on fait.
Yasmina: Il y a beaucoup de versions de ce qu’on fait. Il y a beaucoup de coachs de spinning, comme il y a beaucoup de projets médias qui font des interviews.
Sam: Mais il n’y a pas une seule vérité.
Chacun a sa vérité. Et le soleil brille pour tout le monde. Il ne faut pas se sentir menacé par la présence des autres. Être meilleur que les autres, ça ne veut rien dire. Il faut juste se faire confiance, avoir confiance en ce que tu proposes, explorer, et toujours douter ! Continuer à douter.
Yasmina: Quand tu doutes beaucoup de toi, qui ou quoi te redonne cette confiance ? Des personnes, des rituels, des références, des musiques ?
Sam: Ah ! J’aime trop cette question. Quand je doute, je pense que j’ai la chance d’être hyper bien entourée. Mes amis, ce sont mes anges gardiens. Je crois qu’une grande partie des choses que j’accomplis dans la vie, c’est parce que je suis très bien accompagnée.
Mais quand je doute, je me dis : meuf, fais-le avec le doute. Fais-le avec la colère, la joie, l’excitation. Juste fais-le. Et quand tu le fais, tu te rends compte très vite que ce qui te traverse à ce moment-là va devenir un moteur et va faire émerger quelque chose de vrai. Et je pense que tu ne te débarrasses jamais complètement du doute.
Il ne faut pas se sentir menacée. Tu ne peux pas rater tant que tu le fais.
Tu es plurielle
Yasmina: J’aime trop ce que tu portes, tu peux m’en parler ?
Sam porte une mini-jupe et des bottes que j’avais déjà remarquées avant le cours et que j’avais adorées.
Sam: Là, j’avais envie d’être stylée mais casual, de rester un peu décontractée. Je pense qu’on est beaucoup plus guidés, inconsciemment, par les vêtements que l’on porte que l’inverse.
Yasmina: Je suis tellement inspirée par le podcast Fashion Neurosis de Bella Freud, qui tourne justement autour de cette idée. Elle interroge les vêtements comme des véhicules pour les émotions, les sensations. Elle a interviewé Lorde, que j’adore.
Sam: Il y a une vidéo de Lorde sur Instagram qui m’a fait mourir de rire. Elle chante “I am my mother’s child”, puis elle fait taire les gens. Épique. Je suis là : mais oooh, ça me fait trop rire.
Yasmina: Je l’ai vue à Rock en Seine et l’énergie et les visuels étaient incroyables. Bref, pour revenir au style, le truc, c’est que quand je vais voir quelqu’un, je m’habille différemment selon la personne, et ça me fait toujours énormément réfléchir.
Sam: Totalement. Mais j’aime l’idée qu’il existe différentes versions de nous. Tu es plurielle. Et les vêtements te permettent de montrer différentes pluralités en toi. J’ai une partie de moi grunge, une partie plus casual qui n’en a rien à foutre, une partie hyper féminine et sensuelle, et c’est trop bien d’explorer ça ! Là, je me suis réveillée et je me suis dit : je veux explorer cette vibe, être belle, me sentir fraîche. Et d’autres fois, je n’en ai rien à foutre !
Back to black
Yasmina: À quoi ressemble ton armoire ?
Sam: C’est un énorme bordel ! Mais je n’ai pas beaucoup de vêtements. Je recycle beaucoup de choses. Je ne suis pas une grande consommatrice de vêtements. Mais à certains moments, parfois, je me dis : OK, là j’ai envie d’avoir tel vêtement, tel vêtement, pour créer quelque chose. Des jupes, des robes, de grandes chemises amples.
Je porte beaucoup de noir, de blanc, des couleurs unies.
Yasmina: J’adore. J’ai eu ma grande phase couleurs ce printemps, rose, bleu, jaune. Mais ça m’a un peu fatiguée. Back to black.
Sam: Les couleurs, c’est dur, je trouve. Ce n’est pas comme le noir et le blanc qui vont avec tout. Quand tu as un truc en couleur, tu dois t’assurer que ça va aller avec le reste.
Yasmina: Question que je pose maintenant à tout le monde dans Palomita Office : qu’est-ce qu’on trouverait si on ouvrait ta page Vinted maintenant ?
Sam: Alors, je pense que tu trouverais de longues robes noires, parce qu’en ce moment j’en cherche une. Donc oui, une quantité hallucinante de robes noires. Une robe pour aller dans un bar, en date, mais qui ne fasse pas trop habillée, parce que je trouve que les robes longues font très vite troooop bien habillées, tu vois ? Et tu es là genre : ah, c’est un peu too much.
Et je l’ai trouvée ! Donc j’ai trop hâte de la recevoir !
Rapid fire
Yasmina: Prête pour la dernière partie de l’interview ? Pas le droit de réfléchir à ces questions.
Sam: Prête.
Yasmina: Un morceau avec lequel tu pourrais commencer tes cours sans jamais t’en lasser ?
Sam: I Trance d’Agnes.
Yasmina: Un morceau que tu adores mais que tu n’arrives jamais vraiment à faire fonctionner en cours ?
Sam: En tant qu’ascendant Bélier, aucune musique n’est impossible.
Yasmina: La diva ultime ?
Sam: Gaga.
Yasmina: Matin ou soir ?
Sam: Soir ! Soir, largement !
Yasmina: Une qualité indispensable chez un bon coach ?
Sam: L’empathie.
Yasmina: Le meilleur morceau pour terminer un cours ?
Sam: Wash. J’ai oublié qui la chante.
Yasmina: Un mot pour la discipline ?
Sam: Rigueur.
Yasmina: Le sport ?
Sam: Santé.
Yasmina: La musique ?
Sam: Vibrer.
Yasmina: Paris ?
Sam: Intense.
Yasmina: Un mot pour Sam ?
Sam: Courage.
Yasmina: Pour moi ?
Sam: Lumière.
Yasmina: Ton mot préféré ?
Sam: GOÛTER!






